les idées arrêtées peuvent constituer un obstacle dans les relations humaines.
Les échanges avec les amis, les collègues de travail rencontrent parfois des tensions autour de la question simple « j’ai raison, tu as tort, qui a raison ? »
Penser qu’on a raison traduit une conception spécifique de la vérité. Or, l’idée que l’on a de la vérité n’est pas quelque chose d’évident. On note des différences importantes selon ce que Yves Saint-Arnaud a appelé les paradigmes de l’expertise et de l’incertitude (Saint Arnaud, Y ; 2001)
Les personnes qui se situent dans l’expertise pensent que le monde est fait de vérités rationnelles et statistiques, que le réel (vrai) est évident, qu’il s’impose au sujet. Ils pensent que l’avenir est prévisible au moyen de théories et de calculs de probabilité, que le passé est clair. Dans l’expertise, les savoirs forment la vérité et ils s’imposent à soi et aux autres. Pour ceux qui sont dans l’expertise, contester le savoir (perçu comme une vérité) peut être alors rattaché à de l’ignorance, de l’arrogance ou même de la naïveté.
Les personnes qui adoptent le paradigme de l’incertitude cultivent le non-savoir, le doute, le questionnement. Ils pensent que les processus humains et sociaux sont complexes, dynamiques, opaques et qu’il y a toujours quelque chose qu’on ne saisit pas : les savoirs sont aveugles du réel. D’ailleurs, les personnes adoptant le paradigme de l’incertitude n’ont pas la même relation à la certitude et admettent facilement l’ignorance infinie de l’être humain. Pour eux, ne pas savoir n’est pas une faiblesse ou un manque, c’est une ressource. Dans ce paradigme, le non savoir et l’humilité qui l’accompagne permet de mettre en œuvre un ensemble d’habiletés précieuses dans les relations humaines.
L’accompagnateur (coach, consultant, médiateur…) se forme et travaille sur soi pour mettre en pratique cette posture d’incertitude dans l’ensemble de ses interventions. Se former à l’accompagnement professionnel est possible à l’école des métiers de l’accompagnement. Dans les formations, nous abordons de manière très approfondie ces questions de posture et de rapport au savoir qui sont à la base des méthodes qu’emploient les accompagnateurs formés.
Au plaisir de vous rencontrer pour en parler ou pour approfondir ces questions
Nicolas G – Directeur de l’école.
St-Arnaud,Y (2001b) « La réflexion dans l’action un changement de paradigme » dans Recherche et Formation, n°36
